OverviewA propos des Objectifs du Millénaire pour le développement
Introduction
Lorsque les 189 chefs d’Etat et les gouvernements du Nord et du Sud, agissant en tant que représentants de leurs citoyens, ont signé la Déclaration du Millénaire à l’occasion du Sommet du Millénaire de l’ONU en l’an 2000, un sentiment d’urgence manifeste était palpable. Il était en effet urgent de « délivrer nos semblables - hommes, femmes et enfants - de la misère, calamité abjecte et déshumanisante qui touche actuellement plus d'un milliard de personnes. »
Réalisation des Objectifs
Aujourd’hui, non seulement nous disposons des ressources financières nécessaires pour mettre fin à la misère une fois pour toutes, mais également de la connaissance technologique et du savoir-faire nécessaires pour réaliser ces Objectifs. Il est également clair, néanmoins, que si nous continuons à laisser défiler les jours les uns après les autres sans rien faire, les Objectifs ne seront jamais atteints d’ici à 2015. Le chemin à suivre est bien tracé, il ne manque plus que la volonté politique pour atteindre les Objectifs fixés.
Pourquoi la situation est-elle différente cette fois-ci?
Compte-tenu de la prolifération de conférences et des déclarations de l’ONU, il est mportant de comprendre en quoi les Objectifs du Millénaire sont uniques à plus d’un titre :
- Ils symbolisent l’accord conclu entre tous les acteurs économiques les plus influents du monde. Les pays pauvres se sont engagés à améliorer leurs politiques, leur gouvernance et à renforcer leur responsabilité auprès de leurs citoyens ; les pays riches se sont engagés à fournir les ressources nécessaires pour y parvenir. Dans la mesure où cet engagement, visant à accomplir des objectifs précis, émane pour la première fois des plus hauts pouvoirs politiques, il implique la responsabilité de tous les gouvernements — y compris les ministres du commerce et des finances, qui ont entre leurs mains le « portefeuille » du monde entier. Par ailleurs, des institutions internationales majeures — la Banque mondiale, le FMI, les banques de développement régionales, et un nombre grandissant de membres de l’Organisation mondiale du commerce — ont précisé clairement qu’ils seraient également responsables de la réalisation de ces Objectifs.
- Le monde n’a jamais semblé plus prospère. Les centaines de milliards dépensés pour la guerre en Irak permettent de mettre les choses en perspective. Il nous faudrait à peine plus de 50 milliards de dollars d’aide supplémentaire par an pour atteindre ces Objectifs. Rien qu’en 2003, environ 900 milliards de dollars ont été investis dans l’industrie de l’armement par les gouvernements ; et les pays riches subventionnent leurs producteurs agricoles à hauteur de 300 milliards de dollars chaque année. D’un point de vue financier, si on considère l’organisation du monde dans son ensemble, il s’agit donc d’un changement relativement mineur.
- Les efforts fournis pour réaliser ces objectifs sont suivis de près. Il ne s’agit pas simplement de faire de belles déclarations ; des mécanismes de contrôle précis ont été mis en place, qui se traduisent par des rapports nationaux sur les Objectifs du Millénaire pour le développement et des rapports du Secrétaire général devant l’Assemblée générale. Les organisations de la société civile du monde entier élaborent également une série de rapports qui leur sont propres afin d’assurer que les gouvernements respectent les normes de performance les plus rigoureuses possibles. Plus de 60 rapports pays ont déjà été produits au niveau national.
- Les Objectifs sont clairement réalisables. Certains ont même fait remarquer qu’il ne s’agissait pas d’objectifs suffisament ambitieux, parlant d’objectifs minimum! Nous sommes convaincus que placer la barre plus bas que cela serait inacceptable d’un point de vue moral. Certains Objectifs ont d’ores et déjà été atteints par de nombreux pays en l’espace de seulement 10 à 15 ans.

